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Combien coûte une assurance décennale à La Réunion ? Les critères qui font le prix

Par David Duris

Vous créez votre entreprise du bâtiment à La Réunion, votre cotisation a augmenté à l'échéance, ou votre assureur se retire du marché et vous devez retrouver un contrat. Vous posez la question que nous entendons le plus souvent : combien coûte une assurance décennale ?

La réponse honnête est : cela dépend, et les écarts sont considérables. Deux artisans qui réalisent le même chiffre d'affaires peuvent payer des cotisations qui vont du simple au triple, parce que l'un pose du carrelage et l'autre réalise de l'étanchéité de toitures-terrasses. Plutôt qu'un prix moyen qui ne correspondrait à personne, cet article vous présente les critères que les assureurs utilisent réellement pour fixer votre tarif, et ce que vous pouvez faire pour payer le juste prix sans sacrifier votre couverture.

Pourquoi il n'existe pas de prix unique

Il n'y a pas de tarif réglementé pour l'assurance décennale. Le Code des assurances oblige tout professionnel qui réalise des travaux de construction à être assuré avant l'ouverture du chantier (article L241-1) et fixe le contenu minimal de la garantie à travers des clauses types (annexe I à l'article A243-1). Mais il laisse chaque assureur libre de choisir les risques qu'il accepte et le prix qu'il demande.

Concrètement, une décennale est tarifée comme un pari sur l'avenir : l'assureur s'engage à payer, pendant dix ans après la réception de chaque chantier, les réparations des désordres graves dont vous seriez responsable. Il estime donc le coût probable des sinistres de votre activité, et c'est cette estimation qui détermine votre cotisation. Tout ce qui augmente la probabilité ou la gravité d'un sinistre augmente le prix.

Les sections qui suivent reprennent ces critères, du plus déterminant au plus secondaire.

Critère n° 1 : les activités que vous déclarez

C'est de loin le facteur le plus important. Les assureurs classent les métiers du bâtiment selon leur exposition au risque décennal, généralement à partir de la nomenclature des activités établie par la profession. Quelques repères :

Chaque activité supplémentaire déclarée pèse sur le tarif. La tentation est alors grande de ne déclarer que le strict minimum. C'est une erreur : une activité non déclarée n'est pas couverte, même si vous l'exercez de manière occasionnelle. L'assureur appréciera le sinistre au regard des activités inscrites sur votre attestation, et un maçon qui réalise ponctuellement une étanchéité de terrasse sans l'avoir déclarée supportera seul le coût d'une infiltration. Nous avons détaillé ce mécanisme dans notre article sur ce que couvre et exclut la garantie décennale.

Pour connaître les particularités de votre métier : décennale maçon, charpentier-couvreur, électricien, plombier, étancheur, climatisation, terrassement et VRD.

Critère n° 2 : votre chiffre d'affaires

Dans la grande majorité des contrats d'entreprise, la cotisation est calculée en pourcentage du chiffre d'affaires hors taxes réalisé dans les activités assurées. Plus vous travaillez, plus l'assureur couvre de chantiers, et plus la cotisation est élevée.

Le fonctionnement le plus courant est le suivant :

Sous-estimer volontairement son chiffre d'affaires pour réduire la cotisation est une fausse économie. En cas d'omission ou de déclaration inexacte sans mauvaise foi, l'assureur peut appliquer une réduction proportionnelle de l'indemnité (article L113-9 du Code des assurances) : si vous avez payé la moitié de la cotisation due, vous ne serez indemnisé qu'à moitié. En cas de fausse déclaration intentionnelle, le contrat peut être nul (article L113-8). Sur un sinistre décennal à plusieurs dizaines de milliers d'euros, la différence se paie très cher.

Pour un auto-entrepreneur ou une micro-entreprise, le principe est le même, souvent avec un tarif forfaitaire par tranche de chiffre d'affaires. Nous l'expliquons dans notre article dédié aux assurances obligatoires de l'auto-entrepreneur du BTP à La Réunion.

Critère n° 3 : votre expérience et l'ancienneté de l'entreprise

L'assureur ne regarde pas seulement l'entreprise, il regarde aussi le dirigeant. Une société créée le mois dernier par un artisan qui exerce le même métier depuis quinze ans n'est pas un risque de débutant.

C'est pourquoi on vous demandera, à la souscription :

Une entreprise en création est en général plus chère à assurer, et certains assureurs refusent purement et simplement les créations sans expérience justifiée. Ce n'est pas une fatalité : un dossier bien documenté, qui met en avant le parcours du dirigeant, change sensiblement la proposition. Après deux ou trois années sans sinistre, le tarif devient en principe plus favorable.

Critère n° 4 : votre historique de sinistres

À chaque changement d'assureur, vous devrez fournir un relevé de sinistralité (ou relevé d'information) établi par votre assureur précédent, couvrant généralement les trois à cinq dernières années. L'assureur y lit le nombre de sinistres déclarés, leur nature et leur coût.

Un dossier avec plusieurs sinistres, surtout récents ou de même nature, sera tarifé plus cher, accompagné d'une franchise plus élevée, ou refusé par une partie du marché. À l'inverse, un historique vierge sur plusieurs années est votre meilleur argument de négociation.

Deux conseils pratiques :

Critère n° 5 : le niveau de garanties et la franchise

À activité égale, deux contrats peuvent afficher des prix différents parce qu'ils ne couvrent pas la même chose. Avant de comparer deux devis, vérifiez :

Choisir une franchise plus élevée fait baisser la cotisation. Mais attention à ce que cela implique : en décennale obligatoire, la franchise n'est pas opposable à la victime. L'assureur indemnise votre client intégralement, puis vous réclame le montant de la franchise. Une franchise que votre trésorerie ne peut pas absorber est un risque que vous reportez sur votre propre entreprise.

Les facteurs propres à La Réunion

Le marché réunionnais présente quelques particularités qui pèsent sur les tarifs.

Un nombre d'assureurs plus restreint. Toutes les compagnies qui assurent la décennale en métropole n'acceptent pas les risques situés dans les départements d'outre-mer, et certaines s'en retirent. Le retrait de QBE France du marché de la décennale, avec la fin de tous ses contrats au 31 décembre 2026, en est une illustration directe : les entreprises concernées cherchent un nouvel assureur en même temps, ce qui réduit les capacités disponibles. Si vous êtes dans ce cas, consultez notre article sur le retrait de QBE et le replacement de votre décennale.

Un environnement exigeant pour le bâti. Pluies tropicales intenses, humidité, exposition au vent et au sel en zone littorale, terrains en pente dans les Hauts : les assureurs savent que les désordres d'étanchéité, d'infiltration et de corrosion sont plus fréquents. Les activités de couverture, d'étanchéité et de menuiseries extérieures en tiennent compte. Notre article sur les cyclones et les sinistres construction à La Réunion revient sur ces risques spécifiques.

Le coût des réparations. Matériaux importés et délais d'approvisionnement renchérissent le coût d'un sinistre sur l'île, et donc l'estimation que fait l'assureur.

Comment payer le juste prix sans prendre de risque

Payer moins cher est légitime. Payer moins cher en étant moins bien couvert est un piège. Voici ce qui fait réellement la différence :

Et si tous les assureurs refusent de vous couvrir, il existe une voie de recours : le Bureau central de tarification (article L243-4 du Code des assurances), saisi après un refus, fixe le montant de la cotisation moyennant laquelle l'assureur choisi est tenu de vous garantir.

Ce que DDAC fait pour vous

En tant que courtier indépendant spécialisé en assurance construction, nous agissons pour votre compte et non pour celui d'un assureur. Concrètement, nous :

FAQ — Le prix de l'assurance décennale

Combien coûte une assurance décennale à La Réunion ?

Il n'existe pas de prix unique. La cotisation dépend principalement des activités déclarées, du chiffre d'affaires, de l'expérience du dirigeant, de l'historique de sinistres et du niveau de garanties choisi. Les écarts peuvent aller du simple au triple entre deux métiers pour un même chiffre d'affaires. Seule une étude de votre dossier permet d'obtenir un tarif fiable.

Pourquoi la décennale d'un étancheur coûte-t-elle plus cher que celle d'un peintre ?

Parce que les assureurs tarifent selon le risque de sinistre de chaque activité. Les défauts d'étanchéité, de couverture ou de gros œuvre provoquent des désordres fréquents et coûteux, qui touchent la solidité ou le clos et couvert de l'ouvrage. Les travaux de finition présentent un risque décennal beaucoup plus faible.

Puis-je déclarer un chiffre d'affaires plus bas pour payer moins ?

C'est fortement déconseillé. En cas de sinistre, l'assureur peut réduire l'indemnité en proportion de la cotisation qui aurait dû être payée (article L113-9 du Code des assurances), voire invoquer la nullité du contrat en cas de fausse déclaration intentionnelle (article L113-8). La cotisation est de toute façon régularisée sur le chiffre d'affaires réel.

Une entreprise en création peut-elle obtenir une décennale ?

Oui, si le dirigeant justifie de diplômes ou d'une expérience professionnelle dans les activités déclarées. Le tarif est en général plus élevé la première année et devient plus favorable après quelques exercices sans sinistre. Un courtier peut consulter les assureurs qui acceptent les créations.

Que faire si aucun assureur n'accepte de me couvrir ?

Après un refus, vous pouvez saisir le Bureau central de tarification (article L243-4 du Code des assurances), qui fixe la cotisation moyennant laquelle l'assureur choisi est tenu de vous garantir. Avant d'en arriver là, faites étudier votre dossier par un courtier qui a accès à plusieurs compagnies et agences de souscription.

Peut-on payer sa décennale tous les mois ?

Oui, de nombreux assureurs acceptent un fractionnement mensuel ou trimestriel de la cotisation, parfois moyennant de légers frais. C'est une option à demander lors de la souscription.

Un devis décennale adapté à votre métier à La Réunion ?

DDAC est un cabinet de courtage réunionnais spécialisé en assurance construction, créé en 2022 par David Duris, spécialisé en assurance construction depuis 2018 (ORIAS 23 006 829, sous le contrôle de l'ACPR). Nous comparons pour vous les offres de plusieurs assureurs pour votre assurance RC Pro et décennale, depuis nos implantations à La Réunion. Devis gratuit sous 24 h, sans engagement. D'autres questions ? Consultez notre foire aux questions sur l'assurance construction.

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